50 ans de l'UPE du Pays d'Arles au Parc des Ateliers de la fondation Luma le 20 mai 2019

Journée 50 ans UPE du Pays d’Arles

20 mai 2019

L’entreprise de demain en préambule des Luma Days 2019

The Good Arles était présent lundi pour suivre la journée organisée au Parc des Ateliers de la Fondation Luma à l’occasion des 50 ans de l’UPE du Pays d’Arles. Au programme de cet événement aussi bien festif que studieux : des conférences, rencontres, ateliers de réflexion et même séance de relaxation en pleine consience. L’objectif : imaginer l’entreprise de demain en prenant mieux en compte ses interractions directes et indirectes avec son environnement ( planète, salariés, fournisseurs, clients etc).

Le monde change, les entreprises aussi

D’après plusieurs études, la plupart des entreprises de 2030 n’existent pas encore, ni même leurs métiers. Aujourd’hui, dans ce monde ouvert, en permanente évolution et soumis à de nombreuses crises écologiques, sociales ou économiques, les entreprises prennent conscience de leur rôle essentiel dans la préservation du bien commun. Elles sont donc de plus en plus nombreuses à vouloir évoluer et à se décloisonner en adoptant des modes de fonctionnement alternatifs plus ouverts sur la société et l’environnement. Hiérarchie horizontale, management participatif, qualité environnementale, formation et bien-être des salariés, RSE, financement de fondations et actions caritatives en lien avec l’économie circulaire et collaborative, les possibilités ne manquent pas pour les entreprises décidées à agir pour un monde meilleur. Comme l’a rappelé en introduction Loic Aparacio le président de l’UPE du Pays d’Arles : «Notre relation à l’environnement au sens large devient un objet de réflexion et d’engagement pour tous les entrepreneurs. L’entreprise doit, dans une conscience approfondie de son rôle, s’ouvrir au monde et passer peu à peu de la promotion d’une communauté d’intérêts économiques à la vision généreuse d’un intérêt général partagé»
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L’interdépendance globale et totale

Un vaste champ de réflexion abordé dès la plénière d’ouverture du matin en présence de Maja Hoffman, Pape Diouf, Francoise Nyssen, Michel Bauwens, Ludovic Cailluet et Frédéric Pons, puis approfondi l’après-midi lors de deux tables-ronde et un atelier de réflexion sur le thème de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, leur rôle, leur rentabilité et leur avenir dans ce monde en pleine transformation. La planète et toutes les formes de vie humaine, animale et végétale vivent désormais sur le même bateau, et tout le monde a besoin de la bienveillance de l’autre pour mieux se porter à l’avenir. Comment l’entreprise peut évoluer et se structurer pour agir dans cet environnement nouveau fait de complexité, de mouvement et d’interdépendance.

Des exemples concrets d’économie circulaire et collaborative

Une partie de la réponse, Xavier Murard et Pauline Constantin de l’Institut Marin du Seaquarium l’ont apporté lors de la présentation du projet Reseaclons qui vise à rassembler pêcheurs, professionnels de la mer, autorités publiques, associations, entreprises, société civile, et vacanciers pour aider à réduire la contamination des déchets, en soutenant le développement d’une filière d’économie circulaire innovante pour la collecte et le recyclage des déchets marins plastiques.

Sea Cup, le verre recyclé qui prouve que c’est possible

Sea Cup, le verre en plastique recyclé d’un plasturgiste français fabriqué à partir des déchets récupérés dans les filets des pêcheurs du Grau du Roi, est l’illustration concrête que les projets d’économie collaborative peuvent fonctionner sur le long terme. Partenaire du projet, Triveo est en effet la première entreprise plasturgiste à produire une matière plastique recyclée à partir d’un mélange de différents plastiques. Il était en effet obligatoire jusqu’à lors de les trier séparemment avant de pouvoir les recycler car ils n’étaient pas compatibles entre eux ! C’est donc une véritable révolution technologique* qui va permettre de recycler beaucoup plus facilement et à moindre coût les déchets plastiques et donc de prolonger leur cycle de vie presque à l’infini.
* La technologie utilisée est la friction-compression
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Des efforts communs récompensés

Après avoir décidé de ne plus rejeter à l’eau les déchets plastiques ramassés dans leurs filets et de les ramener à terre pour qu’ils soient retraités, les pêcheurs du Grau du Roi ont accueilli avec enthousiasme le projet de l’institut marin du Seaquarium. Pourtant au départ, celui-ci souhaitait « simplement »  étudier l’impact des déchets sur le milieu marin. Mais la réflexion s’est ensuite rapidement élargie à la mise en place d’une véritable démarche collaborative entre différents sphères de la société pour apporter une solution au problème des déchets marins. La Sea Cup est le symbole concret de cette relation d’interdépendance qui existe entre des pêcheurs, des chercheurs, des plasturgistes, des animaux marins et des individus. Même si les quantités sont encore dérisoires à l’échelle de la pollution marine, ce processus de collaboration génére un impact écologique, économique et social positif qui donne envie de s’y mettre et de continuer :
– les pêcheurs ont la satisfaction de voir que les déchets qu’ils ramènent dans leurs filets sont réellement recyclés et servent à quelque chose de concret,
– la mer est un peu plus propre après leur passage au bénéfice du monde marin et de l’homme
– le plasturgiste de l’Ain produit en recyclant le plastique plutôt qu’en consommant de nouvelles ressources et profite de son innovation pour se développer,
– l’institut marin dispose de données précises sur les déchets rencontrés au fond des océans et leur influence sur la faune et la flore.
Le projet à d’ailleurs commencé à essaimer sur la côte atlantique, traduisant bien l’envie d’agir et de collaborer qu’il existe partout.
Cette interdépendance humaine et technologique qui s’est matérialisée sous l’impulsion de l’institut marin du Seaquarium s’est donc transformé en exemple concret d’action collaborative et circulaire positive.
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Des entreprises volontaires

David Sussmann, le président de la Pure Ocean Foundation, a pu apporté son témoignage de dirigeant engagé et présenter notamment les  » 5 P  » qu’il intégre à toutes ses réflexions : Planète, People, Produit, Passion, Profit. Il a terminé son intervention en encourageant toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, à agir et investir dans différentes formes d’actions écologiques, sociales et solidaires. C’est la masse des actions individuelles et collectives qui crée le mouvement et le changement global. Les relations d’interdépendance sont partout mais pas toujours visibles, et il faut une bonne dose de volontarisme pour oser se lancer. Mais c’est la seule voie possible compte tenu de l’inertie voire de l’inaction de nombreux gouvernements face aux changements profonds qui bouleversent l’équilibre global de notre planète.

« Tout est apprentissage » : visite de l’expo School of Schools

Cette journée de réflexion et d’échange entre experts et entrepreneurs s’est conclue par la visite de l’exposition School of Schools de la fondation Luma pour illustrer certains enjeux d’avenir abordés pendant la journée et notamment les questions d’éducation et d’apprentissage. 90 artistes et designers y présentent leurs oeuvres et installations pour nous donner leur vision de l’enseignement et de l’apprentissage du futur. Eclectique, innovant, futuriste, l’exposition explore de nombreuses voies où chaque nouvelle pièce du puzzle nous rapproche d’une évidence : « tout est apprentissage » , y compris le désign. Par exemple, comment utiliser les facilités d’apprentissage des enfants pour les langues et les languages et comment leurs permettre de parler couramment et toute leur vie non pas 2 mais 5 ou 10 langues tout en maitriser le code informatique, le braille etc.

Une journée et une expo pour lancer les Lumas Days 2019

Ces questions liés à l’éducation et à l’apprentissage, ainsi que celles liées au rôle des entreprises dans la préservation du bien public, seront au coeur des Luma Days qui se déroulent au Parc des Ateliers du 22 au 25 mai 2019 sur le thème « Ensemble, pour une déclaration d’interdépendance ».
Comme indiqué par Maja Hoffmann en introduction,  » la première  – déclaration d’interdépendance – apparaît en 1944 avec les écrits du philosophe et historien américain Will Durant, auteur du premier manifeste qui revendique les principes d’égalité et de liberté des Hommes comme vecteurs d’harmonie. Au fil du temps, les notions d’éthique et d’écologie sont venues nourrir et densifier la portée de l’interdépendance qui ne se limite plus aux rapports d’homme à homme mais de l’Homme au monde, par la prise en compte des répercussions directes de ses actions sur l’environnement ».
Dans ce monde qui change et totalement interdépendant, la place des individus et le  » vivre ensemble  » auquel il faut rajouter le » travailler ensemble  » , sont malmenés. Sont-ils devenus des utopies ? Quelle est la place de l’école, qui est le premier lieu d’initiation au  » vivre ensemble  » et qui symbolise par la transmission ce rapport d’interdépendance des générations. C’est ce à quoi vont réfléchir toute la semaine les centaines de chercheurs, designers et acteurs de la société civile du monde entier présents pour ces Luma Days 2019 avec l’ambition d’explorer le concept d’interdépendance sous des angles nouveaux et contribuer à faire émerger des solutions pour un avenir commun.
Plus d »infos sur https://lumadays.org/

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